Le solin contre mur est un élément clé pour éviter les infiltrations d’eau au niveau des toitures et des façades. Bien dimensionné, bien posé et bien entretenu, il protège votre bâti sur le long terme, que vous soyez en rénovation ou en construction neuve. Voici comment choisir, installer ou faire poser un solin adapté à votre mur, en limitant les risques de désordres et de surcoûts.
Comprendre le rôle du solin contre mur et les risques en jeu

Avant de penser matériaux ou prix, il est essentiel de comprendre à quoi sert réellement un solin et pourquoi une simple négligence peut causer de gros dégâts. En quelques points, vous allez voir comment ce petit ouvrage conditionne l’étanchéité de votre toiture et la santé de vos murs.
À quoi sert un solin contre mur dans l’étanchéité d’une toiture
Le solin contre mur assure la liaison étanche entre une couverture (tuiles, ardoises, bac acier) et une paroi verticale. Il empêche l’eau de pluie, la neige fondue ou les ruissellements d’entrer par les points de jonction, toujours sensibles. Sans lui, l’eau circule sous la couverture, s’infiltre dans les parois et finit par dégrader isolants, bois de structure et finitions intérieures.
Concrètement, imaginez une toiture en tuiles qui s’appuie contre un mur de façade : c’est précisément à cet endroit que le solin intervient. Il capte l’eau qui ruisselle le long du mur et la dirige vers la couverture, puis vers les gouttières. Sans cette protection, chaque pluie battante transformerait cette jonction en point d’entrée d’humidité.
Les principaux types de solin : mortier, métallique, bande d’étanchéité
On distingue trois grandes familles de solins. Les solins traditionnels au mortier sont façonnés directement sur place en formant un relevé qui recouvre la couverture et remonte sur le mur. Cette technique ancienne reste économique mais demande un bon savoir-faire.
Les solins métalliques en zinc, aluminium, plomb ou acier galvanisé offrent une durabilité supérieure et un rendu esthétique soigné. Ils sont pliés sur mesure et fixés mécaniquement dans une saignée du mur ou en applique. Le zinc reste le matériau de référence en France pour sa résistance et son aspect élégant.
Enfin, les bandes d’étanchéité souples bitumineuses ou synthétiques conviennent particulièrement aux toitures plates, aux bardages ou aux supports légers. Elles se collent directement et s’adaptent facilement aux formes irrégulières. Leur mise en œuvre rapide en fait une solution prisée en rénovation.
Pourquoi un mauvais solin provoque fissures, infiltrations et dégâts coûteux
Un solin mal conçu, fissuré ou mal raccordé crée un chemin direct pour l’eau vers l’intérieur du bâti. À court terme, vous voyez apparaître auréoles au plafond, cloques de peinture, plâtres qui s’effritent, voire traces de moisissures. L’humidité s’installe dans les combles et dégrade l’isolation thermique, augmentant vos factures de chauffage.
À plus long terme, ce sont les bois de charpente, l’isolant et parfois même la maçonnerie qui se dégradent. Des poutres peuvent pourrir, des murs se fissurer sous l’effet du gel, et la structure globale du bâtiment s’affaiblir. Les réparations deviennent alors bien plus lourdes qu’un solin correctement réalisé au départ, avec des coûts qui se chiffrent rapidement en milliers d’euros.
Bien choisir son solin contre mur selon le support et la toiture
Le bon solin n’est jamais universel : il doit s’adapter à la nature du mur, au type de couverture, à la pente du toit et au contexte climatique. En clarifiant ces paramètres, vous limitez les erreurs et les reprises ultérieures.
Comment choisir le matériau de solin adapté à votre type de mur
Sur un mur en maçonnerie traditionnelle (briques, parpaings enduits), les solins métalliques scellés ou vissés sont souvent privilégiés pour leur durabilité. Le zinc ou l’aluminium s’insèrent dans une saignée pratiquée au perforateur, puis sont fixés avec des chevilles et du mastic pour garantir l’étanchéité.
Sur un bardage bois ou une isolation thermique par l’extérieur, on s’oriente davantage vers des profilés spécifiques et des bandes d’étanchéité compatibles. Ces matériaux souples s’adaptent aux mouvements naturels du bois et aux différences de dilatation. Il faut veiller à la compatibilité chimique pour éviter toute réaction entre matériaux.
Pour les constructions à ossature bois, des profils aluminium pré-laqués ou des bandes autocollantes haute performance évitent de percer inutilement le pare-pluie et préservent l’étanchéité à l’air de la paroi.
Solin de toiture contre mur en tuiles, ardoises ou bac acier : que privilégier
Avec une toiture en tuiles, les solins métalliques en zinc ou aluminium, associés à des noquets ou bandes de raccord, offrent une excellente étanchéité. Le solin se glisse sous les tuiles et remonte sur le mur, avec un recouvrement minimum de 10 cm sur la couverture et 15 cm sur le mur.
Sur ardoises, on retrouve fréquemment des noquets pliés et un solin continu, toujours avec un recouvrement suffisant. L’ardoise étant un matériau noble, le zinc s’accorde parfaitement d’un point de vue esthétique et technique.
Pour un bac acier, des pièces de finition et bavettes spécifiques au profil de la tôle sont utilisées, souvent accompagnées de bandes d’étanchéité compressibles. Ces bandes épousent les ondulations du bac et garantissent l’étanchéité même en cas de légers mouvements de structure.
| Type de couverture | Solution de solin recommandée | Points d’attention |
|---|---|---|
| Tuiles | Solin zinc + noquets | Recouvrement minimum 10 cm |
| Ardoises | Solin zinc continu | Pliage précis, fixation soignée |
| Bac acier | Bavettes + bandes compressibles | Adaptation au profil de tôle |
| Toiture plate | Relevé d’étanchéité bitumineux | Hauteur de relevé 15 cm minimum |
Critères de choix en zone ventée ou très exposée à la pluie battante
En zone fortement exposée au vent et à la pluie, notamment en bord de mer ou en montagne, le solin contre mur doit présenter des relevés plus généreux et des fixations renforcées. Un relevé de 20 cm sur le mur au lieu de 15 cm offre une sécurité supplémentaire contre les projections d’eau.
Les matériaux métalliques épais (zinc de 0,8 mm au lieu de 0,65 mm) et les systèmes avec double recouvrement sont à privilégier pour limiter les risques de soulèvement. L’ajout de mastic polyuréthane ou de bandes d’étanchéité complémentaires peut aussi sécuriser les points singuliers les plus sensibles, comme les angles ou les changements de pente.
Dans ces régions, ne négligez pas non plus la fixation : des pattes de fixation tous les 30 cm au lieu de 50 cm garantissent une tenue optimale même par vent violent. Certains professionnels préconisent également un double agrafage sur les parties exposées.
Poser ou refaire un solin contre mur : méthodes, étapes et bonnes pratiques

Qu’il s’agisse d’une première pose ou d’une reprise de solin sur un toit existant, la méthode compte autant que le matériel. Une pose propre, respectant pentes, recouvrements et scellements, fait souvent la différence entre un chantier durable et une fuite récurrente.
Quelles sont les étapes clés pour installer un solin contre mur durable
La première étape consiste à préparer les supports : nettoyage du mur, vérification de la planéité, contrôle de la couverture existante. Toute trace de mousse, de lichen ou de saleté doit être éliminée pour garantir l’adhérence du solin et des joints.
Vient ensuite la réalisation de la saignée dans le mur (pour un solin métallique) ou la préparation du lit de mortier (pour un solin maçonné). La saignée se fait au perforateur ou à la disqueuse, sur une profondeur de 2 à 3 cm et une hauteur d’au moins 15 cm par rapport à la couverture.
La mise en place du solin suit ensuite : insertion du profil métallique dans la saignée avec un léger contre-profil qui éloigne l’eau du mur, puis raccordement à la couverture avec un recouvrement suffisant. Des fixations mécaniques (chevilles inox) assurent la tenue, tandis qu’un cordon de mastic garantit l’étanchéité de la saignée.
Enfin, la finition se fait par un contrôle visuel complet, une vérification de la pente d’évacuation de l’eau et, si besoin, un rejointoiement soigné ou un habillage en zinc pour un rendu esthétique impeccable.
Solin maçonné ou solin métallique : quelles différences de mise en œuvre
Le solin maçonné se réalise en formant une gorge au pied du mur et en tirant un mortier bâtard (chaux-ciment) qui recouvre partiellement les tuiles ou la couverture. Cette technique artisanale demande un bon coup de main pour obtenir une pente régulière et un rendu lisse. Elle reste économique et s’intègre bien dans le bâti ancien.
Le solin métallique, lui, se compose de profils pliés sur mesure, insérés dans une saignée du mur ou fixés en applique, puis raccordés à la couverture. Le second est plus précis, plus démontable et généralement plus durable, mais demande un travail de pliage et de fixation rigoureux. Il nécessite également un outillage spécifique (plieuse, cisaille) pour adapter les profils aux dimensions exactes.
En rénovation, le solin métallique permet de reprendre un ancien solin maçonné fissuré sans toucher à la couverture, simplement en insérant un profil dans la saignée existante. Cette solution évite un chantier lourd et limite les coûts.
Erreurs fréquentes lors de la pose d’un solin et comment les éviter
Les erreurs les plus courantes concernent les recouvrements insuffisants : un solin qui ne remonte pas assez sur le mur ou qui ne recouvre pas assez la couverture laisse passer l’eau. Respectez toujours les valeurs minimales de 10 cm sur la couverture et 15 cm sur le mur.
Un solin simplement collé sans fixation mécanique ni saignée dans le mur vieillit mal et se décolle avec les mouvements du bâti. Les variations thermiques, le vent et les cycles gel-dégel sollicitent en permanence l’ouvrage : seule une fixation mécanique garantit une tenue dans le temps.
Négliger la compatibilité entre métaux peut entraîner de la corrosion prématurée. Évitez par exemple de mettre en contact direct du zinc et de l’acier galvanisé, ou du plomb et de l’aluminium. Utilisez des rondelles isolantes ou des bandes intermédiaires pour séparer les matériaux incompatibles.
Enfin, l’absence de pente d’évacuation est une faute classique : l’eau doit toujours s’écouler naturellement vers la couverture, jamais stagner sur le solin. Une pente de 5 % minimum est recommandée pour éviter toute rétention d’eau.
Entretien, remplacement et coût d’un solin contre mur sur le long terme
Un solin n’est pas un élément que l’on pose puis que l’on oublie : il fait partie de la maintenance normale de la toiture. En surveillant quelques points clés et en anticipant son remplacement, vous évitez les interventions d’urgence sous la pluie.
À quelle fréquence contrôler et entretenir un solin contre mur existant
Un contrôle visuel annuel suffit souvent pour repérer fissures, décollements, corrosion ou joints fatigués. Profitez du nettoyage de printemps de vos gouttières pour inspecter les solins : vérifiez l’absence de mousse, de feuilles coincées ou de joints décollés.
Il est également prudent de vérifier le solin après un épisode climatique intense : orage de grêle, tempête, fortes chutes de neige. Ces événements peuvent endommager les fixations, déformer les profils métalliques ou fissurer les solins au mortier.
Un simple nettoyage des mousses, feuilles et débris prolonge aussi la durée de vie de l’ouvrage. L’accumulation de végétaux retient l’humidité et accélère la dégradation des joints et des métaux. Un coup de brosse douce et un rinçage à l’eau claire suffisent généralement.
Quels signes doivent vous alerter sur un solin défectueux ou à remplacer
Des traces d’humidité en pied de mur, des auréoles au plafond ou des odeurs de moisi près du rampant de toiture sont de premiers indicateurs. Si vous constatez ces symptômes, inspectez immédiatement le solin depuis l’extérieur.
À l’extérieur, un solin qui se désolidarise, se fissure, se gondole ou rouille doit retenir votre attention. Sur un solin métallique, recherchez les points de corrosion, les plis anormaux ou les fixations desserrées. Sur un solin au mortier, vérifiez l’absence de fissures, d’écaillage ou de parties qui s’effritent.
Plus vous intervenez tôt, plus la reprise reste légère et maîtrisée financièrement. Un simple rejointoiement ou le remplacement d’une section de solin coûte bien moins cher qu’une reprise complète de la couverture et des plafonds intérieurs après infiltration prolongée.
Combien coûte un solin contre mur et quand faire appel à un professionnel
Le coût dépend du matériau, de la longueur linéaire et de la complexité du raccord (cheminée, noue, changement de pente). En fourniture et pose par un professionnel, on raisonne généralement au mètre linéaire.
Pour un solin au mortier, comptez entre 30 et 50 € le mètre linéaire, fourniture et main-d’œuvre comprises. Pour un solin en zinc façonné sur mesure, les tarifs oscillent entre 80 et 150 € le mètre linéaire selon l’épaisseur, la complexité des pliages et l’accessibilité du chantier.
Les bandes d’étanchéité autocollantes représentent une solution intermédiaire, avec des prix autour de 40 à 70 € le mètre linéaire posé. Elles conviennent surtout aux toitures à faible pente ou aux supports légers.
Faire appel à un artisan couvreur ou façadier est conseillé dès que l’accès au toit est délicat, que la hauteur dépasse un étage, ou que l’étanchéité globale de la toiture est en jeu. Un professionnel dispose de l’outillage adapté, des équipements de sécurité obligatoires et de l’assurance décennale qui vous protège en cas de malfaçon. Pour un chantier simple et accessible, un bon bricoleur peut envisager la pose lui-même, à condition de respecter scrupuleusement les règles de l’art et de ne jamais négliger sa sécurité.
En définitive, le solin contre mur reste un détail technique qui mérite toute votre attention. Bien choisi, bien posé et régulièrement entretenu, il garantit l’étanchéité de votre toiture pour plusieurs décennies et vous épargne des réparations coûteuses. N’hésitez pas à solliciter plusieurs devis auprès de professionnels qualifiés pour comparer les solutions et choisir celle qui correspond le mieux à votre configuration et à votre budget.
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